La mobilité, un facteur clé d’insertion et d’accès à l’emploi

« La mobilité est l’un des tous premiers déterminants dans un parcours d’insertion socioprofessionnelle. Dans les enquêtes, une personne en insertion sur deux a déjà refusé un travail ou une formation pour des problèmes de mobilité, 28% ont même abandonné un travail ou une formation en cours. Chez les employeurs, 41% ont rencontré des difficultés à pourvoir un poste pour des questions de mobilité et pour 59%, un candidat a refusé une embauche suite à des problèmes de mobilité… »*

Selon l’Avise, aujourd’hui en France, 7 millions de personnes sont concernées dans leur déplacements quotidiens…

Le cas d’Embarka, salariée à la Table de Cana : handicap et mobilité au travail

« Je ne peux pas postuler à des endroits trop éloignés de mon domicile, à cause de mon handicap (poliomyélite qui entraîne des difficultés à marcher). Lorsqu’une entreprise,  à plus de 30 minutes de chez moi, me contacte pour un entretien, je refuse, tout simplement. Je sais que je ne pourrais pas tenir la cadence et assurer une présence sur le long terme. Je souhaite pouvoir m’engager dans un projet que je saurais pouvoir tenir, c’est pour cela que je cible les entreprises de proximité, et force est de constater que ça limite considérablement mes opportunités. Mon handicap est un frein pour décrocher un poste intéressant, bien payé. Ce n’est ni la charge de travail qui me freine, ni le manque de compétences, mais bel et bien le problème du transport et l’accessibilité.

Je marche lentement et ai besoin d’une canne, les transports me fatiguent, le métro n’est pas toujours facilement accessible. Ayant été bousculée il y a quelques années dans un escalier du métro, j’ai même arrêté de le prendre. Les gens se fichent que tu sois en situation de handicap et ne font pas attention… Toutes les stations ne sont pas aménagées et ne disposent pas toujours d’ascenseur … A la station des Agnettes, par exemple, un ascenseur est mis à disposition ; mais une fois arrivée à Paris, il faut se débrouiller pour sortir et on se retrouve vite coincée, stressée, voire paniquée … donc ce n’est pas la peine !

On parle d’accessibilité et de mesures mises en œuvre pour améliorer la mobilité des PSH, mais je trouve que c’est insuffisant. Rien que de prendre le bus pour venir travailler ici, à La Table de Cana – pourtant à 15 minutes de chez moi – c’est parfois très compliqué. Les trottoirs sont mal faits, les chauffeurs se garent trop loin de la chaussée… j’ai  souvent du mal à descendre.

Je suis compétente, autant qu’une personne mobile. J’ai des expériences dans ma vie qui prouvent mon professionnalisme et mes capacités, néanmoins je ne me sens pas à égalité par rapport aux autres, sur le marché du travail. J’attends que des choses se mettent en place, que les mentalités en entreprises face aux PSH évoluent et que des solutions concrètes émergent pour me permettre de pouvoir travailler comme tout le monde. L’aménagement des horaires, le télétravail sont autant de moyens qui m’ont déjà permis de pouvoir rester dans une entreprise, pourquoi alors ne pas les démocratiser ? »

De nombreuses initiatives sont à souligner …

Il faut saluer la création de nombreuses plateformes mobilité accessibles aux personnes fragiles, la carte Mobilité Inclusion du Conseil départemental des Hauts de Seine,  la méthode IOD relancée par Hauts de Seine Initiative, la Bourse à vélo de Clichy … et de multiples autres.

Ainsi que les solutions d’entreprises qui réinventent la mobilité au travail …

Dans le cadre du plan de mobilité, depuis janvier 2018, les entreprises de plus de 100 collaborateurs se doivent d’imaginer des solutions pour faciliter la mobilité des salariés.

La promotion du vélo : mise en place d’un stationnement sécurisé, diffusion d’un « kit vélo », mise à disposition d’un local proposant quelques outils et services, ainsi que des douches pour les cyclistes, mise en place de l’indemnité kilométrique vélo, achat d’une flotte de vélos à assistance électrique…

L’amélioration de l’accès des bâtiments par les piétons : aménagement de cheminements piétons, mise en place d’entrées plus directes…

L’aménagement des horaires de travail : répartition des heures d’arrivée et de départ des salariés en fonction de leurs souhaits et des besoins de l’entreprise, mise en place du télétravail…

La garantie du retour à domicile en cas de circonstances exceptionnelles pour les « alternatifs » : chèque-taxi, utilisation de voitures de service ou de vélos à assistance électrique…

La mise en place d’un service d’auto partage, permettant de mieux gérer les déplacements professionnels et pouvant offrir un service de mobilité ponctuel complémentaire hors horaires de travail, partage d’une flotte de véhicules avec d’autres entreprises… **

* http://www.mobiliteinclusive.com/wp-content/uploads/2015/11/Etude-mobilit%C3%A9-insertion-et-acc%C3%A8s-%C3%A0-lemploi-synth%C3%A8se-2013.pdf

** https://www.ademe.fr/entreprises-monde-agricole/reduire-impacts/optimiser-mobilite-salaries/dossier/plan-mobilite/plan-mobilite-quest-cest

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