Pourquoi choisir la Table de Cana ?

Claire : Travailler en tant que commis de cuisine à la Table de Cana, c’est une expérience très différente de notre quotidien ! Découvrir un métier que l’on n’est pas destiné à faire plus tard – puisque nous avons pour vocation future de devenir des managers – constitue une expérience très intéressante qui nous permet de voir « l’autre côté »,  d’ouvrir les yeux sur la réalité terrain. Pour certains d’entre nous, nous avions à coeur de découvrir d’une part une entité sociale, d’autre part les métiers de la restauration : La Table de Cana Paris-Gennevilliers fait partie des 650 entreprises partenaires de l’ESSEC à accueillir des stagiaires, et nous l’avons choisi car elle englobe ces deux aspects, par l’activité traiteur qu’elle exerce et par le fait qu’elle soit une structure en insertion.

Lio : J’ai choisi la Table de Cana pour découvrir l’insertion, je trouve que le concept est hyper bien ! Plus tard, je ne me vois vraiment pas travailler pour faire du chiffre uniquement.  Vendre des mascaras pour vendre des mascaras par exemple, ça n’a pas de sens pour moi et je ne vois pas l’intérêt. Ici, à la Table de Cana, l’intérêt n’est pas uniquement financier…et c’est très motivant !

Elliot : Me concernant, ce n’était pas mon premier choix, mais finalement, ça me plait bien ! Ca me permet justement d’avoir un pied dans ce genre de structure au modèle moins conventionnel, plus social qu’une entreprise classique.

 

Quelles sont vos missions ?

Lio : Nous faisons des tartelettes, brochettes, canapés, verrines, et des éclairs … (rires) Plus sérieusement, nous occupons la fonction de commis de cuisine pour la partie traiteur, cocktail, et nous participons également à la production de chocolat. Nous apprenons des gestes techniques, comme la découpe, l’emballage, des tâches simples très diverses mais souvent répétitives.

Claire : Au début, c’est difficile d’avoir les bons gestes, d’être productif et professionnel, mais très vite on prend l’habitude

Elliot : Nous sommes commis de cuisine, c’est trop bien, j’aime ce que je fais et apprend !

Travailler avec des salariés en insertion, ça vous inspire quoi ?

 Claire : Je trouve ça enrichissant,  ce sont des personnes  avec qui nous avons pas forcement beaucoup de contact dans la vie de tous les jours,  et qui, en plus, ont des chemins de vie compliqués. Ils sont plus âgés que nous, n’ont pas les même préoccupations ni les même problématiques : Ca permet justement d’ouvrir les yeux sur une certaine réalité sociale qui nous échappe parfois.

Elliot : Travailler avec ce public, ça se passe très bien ! Il faut un temps pour découvrir les caractères de chacun, mais le contact passe de mieux en mieux au fur et à mesure des jours… Ils ne sont pas différents des autres salariés ! Au niveau de la partie cocktail,  par contre, où le laboratoire est exclusivement féminin, j’ai ressenti quelques difficultés à m’intégrer en tant que seul homme du laboratoire. Dans un autre contexte, j’aurai pu prendre mal certains comportements, mais ici je m’adapte, car j’ai conscience que c’est un espace pour elles, qu’elles n’ont pas l’habitude d’y voir des hommes.

Claire : Pour ma part, j’ai vécu cela très différemment d’Elliot. Je me suis tout de suite sentie à l’aise dans le laboratoire de Cocktail. Sur toute l’équipe, presque toutes les salariées échangent et discutent avec moi : Elles sont accessibles, gentilles. Si on ne me l’avait pas dit, je n’aurai jamais pu pensé que c’était des salariées en insertion ! Il y a d’une part un professionnalisme certain, et d’autre part j’ai remarqué qu’elles considèrent leur espace de travail comme un lieu où elles mettent de côté leur situation personnelle.  Elles rigolent, sont motivées, leur situation est indécelable ! En tout cas, moi ça ne m’a pas marqué, et je trouve que ça ne fait pas de différence.

 

Après deux semaines en immersion, que retenez-vous ?

Lio : Travailler dans une entreprise d’insertion professionnelle me plait, pourquoi pas me diriger vers ce type de structure par la suite. C’est une option qui me paraît envisageable, et aujourd’hui j’en sais un peu plus sur la réalité du terrain.  Ce que m’a apporté ce stage, c’est de pouvoir me remettre en question en tant que manager car même si on croit maitriser beaucoup de choses, les personnes qui exécutent sont toujours celles qui sont au plus proches de la réalité, des contraintes et exigences humaines et mécaniques. Je garderai cela en tête.

Elliot : J’en retiens que le chocolat noir tempère à 37,5 ! (Rires) Plus sérieusement,  certaines choses sont plus difficiles qu’elles en ont l’air !

Claire : Oui, je suis d’accord avec Elliot ! Au bout d’une journée en chocolaterie, je suis explosée physiquement ! Le fait que ce soit physique, la position debout et le froid dans les labos sont autant de conditions que je trouve difficiles à supporter, mais ça permet d’en prendre conscience !  Il y à des gestes à prendre,  pour ma part je sens quand même que j’ai progressé, même en une semaine !

Pin It on Pinterest

Share This