Depuis plusieurs mois, la Table de Cana Paris-Gennevilliers s’est lancé dans une nouvelle aventure : le montage du projet Des Etoiles et des Femmes en Île-de-France. Julia Roye, cheffe de projet, nous explique sa mission et témoigne de son expérience.

Une cheffe déterminée pour une interview pleine de sens !

 

 Quelle est ta mission au sein de la Table de Cana Paris-Gennevilliers ?

Ma mission est de développer et de suivre le projet Des Etoiles et des Femmes pour le territoire Paris Nord-Ouest. C’est un projet qui a été monté par la Table de Cana Marseille et développé à Bordeaux, Nice et Montpellier. La Table de Cana Paris-Gennevilliers a décidé de se lancer dans l’aventure à partir de 2018 et j’ai la chance d’être en charge du montage du projet.

 Peux-tu nous présenter le projet ?

Des Etoiles et des Femmes est un projet d’innovation sociale. Douze femmes éloignées de l’emploi, intéressées par les métiers de la cuisine, pourront suivre un CAP cuisine en alternance chez des chefs étoilés ou de la gastronomie. Le but final est la réinsertion professionnelle de ces femmes sur le marché du travail. Pour cela, le projet fédère tout un tissu d’acteurs associatifs locaux pour lever les freins périphériques à l’emploi comme la garde d’enfants, l’accès au logement, l’accès à la santé. Il y a aussi un axe de développement personnel, avec du coaching. Chaque femme aura un suivi personnalisé dont un suivi pour le retour à l’emploi.

 Pourquoi ce projet est-il à destination des femmes ?

Ce projet répond de manière innovante à un besoin identifié par les créateurs du projet. Dans les quartiers sensibles des villes, le chômage des femmes est particulièrement important. Parallèlement, dans la restauration, les femmes sont sous-représentées. C’est assez paradoxal d’ailleurs : aujourd’hui, en France, on peut encore dire que ce sont majoritairement les femmes qui cuisinent dans les ménages. Pourtant, dans les cuisines professionnelles, seulement 25% des effectifs sont des femmes. Un autre fait : dans la restauration, les chefs peinent à recruter car c’est un métier difficile qui demande beaucoup de motivation. Ce projet répond donc à ces trois besoins.

 Avez-vous des partenaires ? Qu’apportent-ils au projet ?

Nous mettons en place des partenariats locaux et associatifs qui nous aideront à lever les freins périphériques à l’emploi afin que l’accompagnement puisse être complet. Le but est de faire ça ensemble, que ce soit une démarche locale forte. On a besoin de l’appui de la Région, du Département, des villes, de Pôle Emploi qui sont les partenaires qui ont financé le lancement des autres projets. On espère qu’ils seront au rendez-vous pour l’Île-de-France. Des fondations privées s’engagent aussi avec nous pour les femmes et pour la réinsertion professionnelle.

 Pourquoi as-tu choisi de travailler pour le lancement de ce projet en Île-de-France ?

J’ai travaillé auparavant dans des industries qui contribuaient plutôt à aggraver les situations sociale et environnementale actuelles. J’avais besoin de tout le contraire. Dans les entreprises où j’ai travaillé, j’ai toujours essayé de faire bouger les choses, ça ne fonctionnait pas. C’était long, compliqué : j’étais constamment à contre-courant. Là je fais quelque chose qui va avoir un impact. Il sera peut-être limité, local mais ce sera un vrai impact.

 Qu’est-ce qui te fait le plus vibrer dans ce projet ?

La mesure de mon utilité. C’est rare de pouvoir mesurer à ce point-là qu’on a été utile à travers son activité professionnelle. Si le projet est lancé, je sais que j’aurais potentiellement, avec tous nos partenaires, contribué à ce que des femmes retrouvent un emploi. C’est le sens très fort du projet qui me motive le plus.

 Un petit mot pour celles et ceux qui ont envie de s’engager ?

Pour Des Etoiles et des Femmes, le seul critère de participation est la motivation. Il n’y a aucun critère de diplôme, aucune limite d’âge. La seule chose qu’il faut c’est que les femmes soient motivées. Je pense que c’est pareil dans la vie, quand on veut s’engager, si on est motivé, si on y croit, on peut faire des tas de choses, même à notre échelle. Il ne faut pas douter de sa légitimité.

 Où en-est le projet aujourd’hui ?

Nous sommes en recherche active de partenaires. Si tout se passe bien, le CAP commencera en septembre 2018 avec une session de recrutement en mai/juin 2018. Le but est que le projet soit déployé dans d’autres parties d’Île-de-France par la suite.

 Pour en savoir plus : http://www.latabledecana-gennevilliers.com/savoir-faire-engagements/des-etoiles-et-des-femmes/

 https://www.facebook.com/desetoilesetdesfemmesparisiledefrance/

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